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 LE CROCODILE

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Loup



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Localisation: Les Breuleux
Date d'inscription: 28/06/2010

MessageSujet: LE CROCODILE   Mar 29 Juin - 19:02

Le crocodile
Ordre : Crocodiliens
Famille : Crocodilidés


Crocodile du Nil


ANGOISSANT, TERRIFIANT, TERRORISANT…LES QUALIFICATIFS NE MANQUENT PAS POUR TRADUIRE LES SENTIMENTS QUE SUSCITE LE CROCODILE. IL EST VRAI QUE CE DRAGON SORTI DU FOND DES ÂGES, LE CROCODILE, EST UN REDOUTABLE PRÉDATEUR. À L'IMAGE DES SEIGNEURS DE LA GUERRE, IL A ÉLABORÉ UNE STRATÉGIE DE CHASSE SANS FAILLE.
A l’affût au ras de la surface des eaux, il guette patiemment ses proies. Au moment propice, il s'élance avec une surprenante agilité. L'étreinte de ses pu issantes mâchoires est bien souvent mortelle. Sans lâcher sa prise, le crocodile éloigne ses grosses proies du rivage pour les noyer avant de les dépecer en tournoyant sur lui-même. Il n'attaque jamais par plaisir. Il tue pour survivre. En fait, le crocodile ne fait pas plus d'une cinquantaine de repas par an. Il suffit donc aux gnous et autres zèbres de ne pas se trouver à proximité les jours de marché!
Sorti du fond des âges, descendant des Protosuchiens, des Mésosuchiens et des Eusuchiens, le crocodile s'est merveilleusement adapté aux modifications de son milieu. Ovipare, la femelle construit un solide nid en terre et en végétaux sur la berge et couve des yeux sa progéniture qui a tout à craindre des autres animaux: oiseaux, petits mammifères, etc.
Le crocodile n'a qu'un prédateur majeur: l'homme. Chassées pour leur peau, de nombreuses espèces sont purement et simplement en voie de disparition dans leur habitat naturel. En revanche, certaines prolifèrent dans les fermes d'élevage qui, malgré leur vocation purement commerciale, parviennent à préserver ces fantastiques prédateurs.
ANCETRES ET DESCENDANTS
LES CROCODILIENS ACTUELS SONT LES DESCENDANTS LOINTAINS DE VERTÉBRÉS QUI PROLIFÉRÈRENT DURANT L'ÈRE MÉSOZOÏQUE, COEXISTANT AVEC LES DINOSAURES.
La longévité, pour le moins respectable, de leurs lointains ancêtres ne fait pourtant pas des crocodiliens des animaux fossiles. Bien au contraire, grâce à une lente évolution, ils se sont excessivement bien adaptés à leur vie semi aquatique en zone tropicale.
Les plus anciens crocodiliens sont des Protosuchiens, retrouvés dans les sédiments du Trias supérieur (200 millions d'années), en Amérique du Nord et en Afrique notamment.
LES ANCETRES
Ce sont les plus primitifs. Ils ne mesurent pas plus d'un mètre. Dotés de longues pattes, ces animaux, dont certains sont carnivores, ont un museau plus court que celui des crocodiles actuels. Ils vivent principalement sur terre, mais il semble que quelques-uns commencent à s'adapter au milieu aquatique. Dos et ventre sont déjà recouverts de robustes plaques osseuses.
Après une longue période durant laquelle on perd toute trace, on retrouve à la fin du Jurassique inférieur les représentants du sous ordre des Mésosuchiens, très différents des Protosuchiens. Ces crocodiliens fossiles sont retrouvés dans des sédiments marins. Il est donc certain qu'une majorité d'entre eux vivent en mer. Ils possèdent d'ailleurs un museau tout à fait adapté à la capture du poisson, long et étroit, doté de dents pointues. Certains Mésosuchiens atteignent 4 mètres de long.
Les Eusuchiens sont les plus proches ancêtres des crocodiliens. Ils s'imposent il y a quelque 80 millions d'années. Ce sont essentiellement des animaux terrestres qui rivalisent avec les dinosaures Ils font d’ailleurs bien mieux que rivaliser puisqu’ils leur survivent. Cette lente évolution de 200 millions d'années se conjugue à la dérive des continents pour donner de nombreuses espèces de crocodiliens qui évoluent différemment, en fonction de leur habitat et de leurs conditions de vie spécifiques.
LA DESCENDANCE
Seuls moments de belle humanité d'une existence sans sensibilité apparente, les crocodiles sont des parents particulièrement attentionnés. La pérennité de l'espèce en dépend: les jeunes crocodiles, vulnérables, sont des proies faciles ...
Les crocodiles mènent une vie de groupe assez harmonieuse, ponctuée par le cycle immuable de la reproduction. Quand l'amour sonne, une fois par an, les mâles dominants figent un territoire que seules plusieurs femelles auront le droit de pénétrer. L'accouplement est aquatique. Il est précédé de lents préliminaires qui contrastent avec l'énergie débordante du prédateur.
Le tout s'accompagne de cris caractéristiques. Après la fécondation de ses ovules, la femelle revient sur la berge pour édifier un solide nid, constitué d'un mélange compact de terre et de végétaux. Elle pond ensuite ses oeufs, de 20 à 80 en fonction des espèces, et les dépose dans la chambre d'incubation où règne une température propice.
ÉTROITE SURVEILLANCE
Elle ne couve pas les oeufs, mais veille ensuite sans relâche sur cette incubation pendant environ 80 jours, sans manger, en restant d'une vigilance farouche, à proximité de son nid. Il est vrai que c'est le moment où le crocodile craint le plus les autres prédateurs. Les oeufs sont tout à fait du goût de nombreux animaux (oiseaux, reptiles, petits mammifères). Le climat (soleil, pluies) peut également faire beaucoup de dégâts. Les jeunes crocodiles sont en danger dès l'éclosion. Ils constituent des repas de choix pour d'autres prédateurs, aussi différents que le serpent et la panthère. C'est pourquoi les parents ne relâchent pas l'attention. Le moindre cri de détresse des petits les alerte. En cas de danger, les crocodiles emmènent leur progéniture à l'abri. Ils ont d'ailleurs trouvé un moyen de transport très sûr. C'est directement dans la gueule de la mère que les petits effectuent le voyage.
Même s'il paraît être un prédateur dominant, le crocodile reste vulnérable. De nombreux jeunes ne parviennent pas à l'âge adulte. S'ils passent les premières années de leur vie sans dommage, il leur restera un ennemi de taille à affronter: l'homme.



14 espèces à travers le monde
Un point commun : la férocité
LES CROCODILIENS SONT REPRÉSENTÉS PAR 3 FAMILLES: LES CROCODILIDÉS, LES ALLIGATORIDÉS (ALLIGATORS ET CAïMANS) ET LES GAVIALlDÉS (GAVIALS). VOICI, PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE, LES COMPOSANTES DE LA PREMIÈRE FAMILLE.
À NOTER QUE TOUTES CES ESPÈCES SONT AUJOURD'HUI MENACÉES DANS LEUR HABITAT NATUREL.
CROCODILE AFRICAIN À MUSEAU FIN
Crocodylus cataphractus
Ce crocodile d'Afrique tropicale peut atteindre 3 à 4 mètres de long. Présent généralement en eau douce, il ne dédaigne pas fréquenter certaines zones côtières. Son alimentation se limite à de petites proies comme les grenouilles, les serpents et les poissons que son museau étroit permet de capturer facilement.
CROCODILE D'AMÉRIQUE
Crocodylus acutus
Il peut atteindre 6 mètres. Son habitat se partage entre les zones côtières, les grands fleuves et les lacs. Il est largement présent au sud de la Floride, aux Caraïbes, sur la côte orientale du Mexique, au Venezuela et en Colombie. Adulte, ce prédateur particulièrement habile n'hésite pas à s'attaquer aux gros mammifères. Il se nourrit également de poisson. Il reste dangereux pour l’homme
CROCODILE DE CUBA
Crocodylus rhombifer
Cette espèce relativement petite est caractéristique des crocodiles d'Amérique: museau relativement court et protubérances à l'arrière du crâne. Il dépasse rarement 3,50 m de longueur. Son habitat naturel se 1imite aux zones de marais d'eau douce de l'intérieur du pays. Son alimentation est constituée de poissons et de petits mammifères.
CROCODILE DE JOHNSTON
Crocodylus johnstoni
Présente dans le nord de l'Australie, cette espèce est facilement identifiable: coloration brune, bandes noires sur le corps et surtout museau très étroit. Ce crocodile d'eau douce peut atteindre 3 mètres de long. Il capture tout ce qu'il peut trouver: poissons, grenouilles, reptiles, oiseaux et petits mammifères.
CROCODILE D'ESTUAIRE
Crocodylus porosus
C'est un géant. Le crocodile d' estuaire peut dépasser 7 mètres de long et peser plus d'une tonne. Il a élu domicile dans les zones tropicales d'Asie et du Pacifique. Également baptisé «indopacifique», on le rencontre fréquemment en mer. Ce prédateur s'attaque à tout ce qui passe à sa portée, y compris à l'homme imprudent.
CROCODILE DES MARAIS
Crocodylus palustris
Cette espèce, dont les plus imposants représentants peuvent dépasser 4 mètres de long, a colonisé l'Inde et les pays voisins. Le crocodile des marais fréquente généralement les eaux douces: fleuves, lacs... Son alimentation très variée peut inclure de gros mammifères qu'il n'hésite pas à attaquer.
CROCODILE DE MORELET
Crocodylus moreletii
Partageant parfois son habitat avec le crocodile d'Amérique, le crocodile de Morelet n'est pas un géant. Il n'excède pas 3 mètres de long. Il se nourrit surtout de poissons et de petits mammifères.
CROCODILE NAIN D'AFRIQUE
Osteolaemus tetraspis
Ce « nain » peut tout de même atteindre la taille respectable de 2 mètres. Cantonné dans l'ouest de l'Afrique, adepte des eaux douces, il se nourrit principalement de poissons et de batraciens.
CROCODILE DU NIL
Crocodylus ni/oticus
C'est avec le crocodile d'estuaire l'une des terreurs de l'ordre des crocodiliens. Dépassant parfois les 5 mètres, il hante les eaux douces d'une grande partie de l'Afrique, de l'Égypte à l'Afrique du Sud. Il ne dédaigne pas faire des incursions en estuaire et même en mer. Ce sont ces crocodiles du Nil qui s'illustrent particulièrement chaque année, en septembre, au moment des grandes migrations dans l'Est africain, en attaquant les troupeaux de gnous.
Ils mènent également une guerre sans merci aux zèbres, antilopes et autres phacochères imprudents. Il peut même, sans aucun problème, en découdre avec l'homme.
CROCODILE DE NOUVELLE-GUINÉE
Crocodylus novaeguineae
Ce crocodile qui peut atteindre 4 mètres de long fréquente les eaux douces de Nouvelle-Guinée. Son menu quotidien intègre assez peu de grosses proies. Il se contente le plus souvent de poissons, de serpents et d’oiseaux.
CROCODILE DE L'ORÉNOQUE
Crocodylus intermedius
Le crocodile de l'Orénoque se différencie par un museau assez étroit. Atteignant 6 mètres de long, ce prédateur fréquente entre autres les eaux douces de l'Orénoque et de Colombie. Il se nourrit de poissons et de petits mammifères.
CROCODILE DES PHILIPPINES
Crocodylus mindorensis
Avec un maximum de 3 mètres de long, ce crocodile reste une petite espèce. Implanté exclusivement dans les îles Philippines, il se nourrit de petites proies.
CROCODILE DU SIAM
Crocodylus siamensis
Adepte des eaux douces du Sud-Est asiatique, ce crocodile ne dépasse pas 4 mètres de long. Son régime alimentaire semble assez varié: poissons, batraciens, insectes...
FAUX GAVIAL
Tomistoma schlegelii
Caractéristique essentielle: un museau très allongé qui le différencie des autres espèces de crocodiles. Il peut atteindre 4 mètres. Familier des marais et des rivières de Malaisie, de Sumatra. Il se nourrit surtout de poisson.
Les autres crocodiliens
Principaux caïmans, alligators et gavials
ALLIGATOR CHINOIS
Alligator sinensis
C’est le seul et l'unique crocodilien présent en Asie, en eau douce,à proximité du Fleuve Bleu. Sa taille est assez réduite puisqu'il ne dépasse guère 2 mètres actuellement. Ilse nourrit exclusivement de petites proies.
ALLIGATOR DU MISSISSIPPI
Alligtorr mississippiensis
L’alligator du Mississippi peut mesurer plus de.5 mètres de long. Présent exclusivement aux Etats-Unis, au sud de la Floride, notamment, il hante le bord des fleuves et marais. On peut même le croiser en zone marine. Sa taille respectable lui permet d’attaquer des mammifères de taille intermédiaire.
CAÏMAN A MUSEAU LARGE
Cainan latirostris
Le caïman à museau large est une espèce assez petite qui se limite à 3 mètres de longueur. On le trouve notamment dans les zones marécageuses du Brésil et de l’Uruguay. Son menu est assez. varié: poissons, seaux et mammifères de petite taille.
CAÏMAN NOIR
Melanosuchus niger
Présent dans les eaux douces de toute la zone de l'Amérique du Sud, de la Guyane au Brésil, le caïman noir peut atteindre les 6 mètres de long. Il se nourrit de mammifères de taille moyenne. Il reste dangereux pour l’homme


Gavial


GAVIAL DU GANGE
Gavialis gangeticus
Le gavial du Gange fréquente les fleuves du nord et de l'est de l'Inde, du Népal, du Pakistan, du Bangladesh. Avec une longueur de plus de 6 mètres, c'est un géant. Malgré cette taille, il ne semble pas vouloir s'attaquer à l'homme. Son museau très allongé le prédestine d'ailleurs à un régime piscivore.
Où vivent les crocodiliens ?
Ils hantent les régions tropicales du globe
LES CROCODILES SONT IMPLANTÉS DANS LES RÉGIONS TROPICALES ET,DANS UNE MOINDRE MESURE, DANS LES RÉGIONS SUBTROPICALES DU GLOBE, PARTOUT OU UN FLEUVE, UNE RIVIÈRE, UN LAC OU UN MARAIS PEUT LEUR DONNER ASILE. LA MAJORITÉ FRÉQUENTE EXCLUSIVEMENT L'EAU DOUCE, COMME LE CROCODILE DE CUBA. EN REVANCHE, CERTAINES ESPÈCES, COMME PAR EXEMPLE LE CROCODILE D'ESTUAIRE, SUPPORTENT LA SALINITÉ.
CETTE ADAPTATION AU MILIEU MARIN LEUR PERMET DE COLONISER DES ÎLES PARFOIS DISTANTES DE PLUSIEURS CENTAINES DE KILOMÈTRES DU CONTINENT LE PLUS PROCHE.
LES 14 ESPÈCES ACTUELLEMENT RECENSÉES À TRAVERS LE MONDE DOIVENT PARTIELLEMENT LEUR DISSÉMINATION ET LEURS DIFFÉRENCES À LA DÉRIVE DES CONTINENTS QUI S'AMORÇA AU DÉBUT DU JURASSIQUE.
À MESURE QUE LES OCÉANS SÉPARAIENT LES TERRES DE LA PANGÉE, CONTINENT ORIGINEL, LES GROUPES D'ANIMAUX CONNURENT UNE ÉVOLUTION ET UNE ADAPTATION INDÉPENDANTES, EN LIAISON DIRECTE AVEC LEUR HABITAT ET LEUR MODE DE VIE.
L'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud abritent une grande diversité de crocodiliens; la plus riche du globe, en tout cas, en ce qui concerne alligators et caïmans. L'espèce la plus impressionnante du continent reste le crocodile d'Amérique qui, avec ses 6 m de long, n'a rien à envier en férocité aux crocodiles du Nil ou d'estuaire. Les autres crocodiles, comme ceux de Cuba, de Morelet ou de l'Orénoque s'intéressent davantage aux poissons qu'aux grands mammifères.
Si l'on excepte le Sahara et les zones trop arides, on peut dire que les crocodiles sont chez eux à travers toute l'Afrique. L'espèce la plus impressionnante reste le crocodile du Nil, prédateur mythique aux festins extravagants. C'est sans doute parce qu'il s'attaque aux plus grosses proies qu'il suscite cette peur ancestrale chez l'homme. Les autres crocodiles sont tout aussi féroces. Ils sont pourtant nettement moins médiatiques, à l'image du crocodile nain qui se contente de poissons et de batraciens.
L'Asie possède également sa star, incarnée par le crocodile d'estuaire; un monstre pouvant atteindre une tonne, tout à fait capable de s'attaquer à l'homme. Il est redoutable et tout aussi spectaculaire que le crocodile du Nil auquel il dispute la palme de la férocité. Cette espèce peut parfaitement vivre en milieu marin. A noter la présence à Sumatra et à Bornéo, notamment, du faux gavial, une espèce assez méconnue.
Seul l'extrême nord de l'Australie est colonisé par les crocodiliens; en majorité des crocodiles de Johnston qui, avec leurs 3 mètres de long et un appétit tout à fait raisonnable, n'incarnent pas réellement le péril reptilien. Les crocodiles d'estuaire, présents dans le pays, sont néanmoins là pour rétablir, en quelque sorte, l'équilibre de la terreur.


Caïman Jacare


LES ARMES DU PREDATEUR
Ses caractères traduisent une parfaite adaptation
COMME UN GLADIATEUR CAPARAÇONNÉ, LE CROCODILE EST UNE MACHINE DE GUERRE TRÈS AU POINT. RIEN DE CHARMANT. PAS LA MOINDRE DOUCEUR. AUCUNE PLACE POUR LA FANTAISIE. TOUTES LES CARACTÉRISTIQUES DE L'ANIMAL PARAISSENT LE PRÉDESTINER AU COMBAT.
EN 200 millions d'années, l'adaptation a fait son oeuvre, par touches légères, laissant sur le crocodile les stigmates des acquis de ces ancêtres qui eurent le talent de traverser les âges et de survivre aux dinosaures.
L'ARMURE DU DRAGON
Les crocodiliens actuels portent une armure dérivée de celle de leurs ancêtres. Elle reste néanmoins assez robuste pour qu'on puisse les assimiler aux blindés amphibies du règne animal. On remarque que les crocodiles à museau large ont un bouclier osseux dorsal plus léger que les espèces à museau étroit. Autre particularité, les crocodiles d'Amérique et d'estuaire disposent de plaques osseuses réduites sur la nuque. Ces deux espèces sont celles qui s'aventurent en mer sans problème.
Héritage du passé, les crocodi1iens conservent quelques caractéristiques qui les apparentent, de loin, aux oiseaux. En particu1ier : un canal auditif externe, un gésier chargé de broyer les aliments, et surtout la séparation totale des ventricules du coeur, isolant le flux de sang artériel du flux de sang veineux. Ces caractères typiquement aviens viennent s'ajouter à des particularités repti1iennes, entre autres, la structure de l'appareil digestif.
UN CERVEAU BIEN OXYGÉNÉ
Le cerveau du crocodile n'est pas très développé. En revanche, il semble donner à l'animal de remarquables facultés. Certains scientifiques portent ce niveau d'intelligence à l'actif de cette circulation sanguine très spécifique qui irrigue et oxygène parfaitement le cortex cérébral.
L'animal bénéficie par ailleurs d'un système respiratoire qui paraît avoir évolué en rapport avec la chasse dans le milieu aquatique. Les narines sont situées à l'extrémité du museau, de sorte qu'elles lui permettent de respirer tout à fait normalement en restant presque totalement immergé. Dotées de valves, elles se ferment pendant la plongée et empêchent l'eau de pénétrer dans la bouche. Un même type de valve, située au fond de la gorge, permet au crocodile de tenir une proie, mâchoires ouvertes, au milieu d'une rivière, sans avaler d'eau.
LE MIRACLE DE LA THERMOREGULATION
Le crocodile choisit les conditions externes les plus favorables pour faire varier à sa guise la température interne de son corps ; une sacré conception du confort intérieur !
L'EAU ET LE SOLEIL COMME SOURCES D'ÉNERGIE
L'eau devient source de chaleur pendant la saison froide et, au contraire, source de fraîcheur durant la canicule. Le crocodile vient également rechercher sur la terre la meilleure exposition aux rayons du soleil. Il «lézarde», accumulant inlassablement les calories.
MAÎTRISE DU RYTHME CARBIAQUE
Outre l'influence extérieure, le crocodile maîtrise son rythme cardiaque et son système circulatoire afin d'équilibrer sa température interne. Un ralentissement de la circulation sanguine a pour effet la dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui réduit les pertes de chaleur.
LES ARMES DU PREDATEUR
LE CROCODILE EST UN PRÉDATEUR PUISSAMMENT ARMÉ ; SES VICTIMES, MÊME LES PLUS IMPOSANTES, N'ONT PAS GRAND-CHOSE À ESPÉRER LORSQUE LES ROBUSTES MÂCHOIRES SE REFERMENT LOURDEMENT SUR UNE PATTE OU SUR UN MUSEAU. QUAND LA PRISE EST BONNE, LE SORT DE L'ANIMAL IMPRUDENT EST SCELLÉ.
DES MACHOIRES PUISSANTES COMME UN ETAU
Les nombreuses dents du monstre, implantées dans des mâchoires d'acier, sont faites pour saisir et tenir solidement. Elles ne lui servent nullement à mâcher. Les canines s'accrochent à la proie. Les molaires, quant à elles, commencent à la broyer pour la découper en morceaux faciles à avaler. Toutes les dents ont une forme et une taille à peu près semblables. Chaque dent des mâchoires n'a qu'une vie limitée. Elle est ensuite remplacée par une nouvelle dent qui reprend sa place dans l'alvéole.
LES PATTES EQUILIBRENT L’ATTAQUE
Les membres courts du crocodile sont partiellement palmés. Ils participent peu aux combats. En revanche, ils équilibrent la nage du prédateur au moment de l'offensive. Les pattes antérieures, très peu palmées, ont 5 doigts, les postérieures seulement 4.
Sur terre, le crocodile n'est pas un modèle de mobilité. En cas de danger, la fuite éventuelle peut, en revanche, être très efficace. L'allure la plus rapide du prédateur avoisine les 20 km, sur des distances limitées. Certains paresseux préfèrent ramper sur le sol en s'aidant des 4 membres. Ils se laissent alors doucement glisser dans l'eau, avec discrétion.
LA QUEUE: FORCE MOTRICE
Au moment de l'assaut ou des déplacements dans l'eau, la queue joue un rôle moteur. En ondulant, elle permet à l'animal de nager sans mal, bien équilibré par ses 4 membres aux extrémités palmées. Grâce à la puissance de sa queue, un crocodile est capable de bondir hors de l'eau pour atteindre une proie en bénéficiant d'un total effet de surprise.
Trois sens, très adaptés à l'espèce, sont de véritables atouts pour le prédateur au moment de mettre en application ses stratégies de chasse.



LA VUE
Le crocodile a des yeux ronds, à pupilles verticales, situés très haut sur la tête. Ils lui permettent de continuer à surveiller ses proies en restant presque entièrement immergé. Lorsque l'animal est totalement sous l'eau, une membrane transparente, la paupière nictitante, recouvre l'oeil pour le protéger durant le temps de la plongée.
À l'arrière de la rétine, la présence du «tapis», une couche réfléchissante, révèle une bonne adaptation à la vision nocturne.
L’OUÏE
L'ouïe du crocodile paraît particulièrement développée. Elle lui permet de communiquer avec ses congénères grâce à une grande diversité de sons (sifflements, grognements, beuglements ...) qui traduisent, sur terre ou en plongée, toutes ses émotions. En immersion, l'oreille externe se ferme, ce qui évite l'introduction d'eau.
L'ODORAT ,
Comme les yeux, les narines sont situées haut sur la face. L'animal peut ainsi continuer à respirer sans aucun problème lorsqu'il est à l'affût dans l'eau. L'odorat du prédateur réagit à des stimuli chimiques gérés par les bulbes olfactifs, à la partie antérieure du cerveau, sur le dessus du crâne.
LA CHASSE ET LES PROIES
Un chasseur hors pair, des stratégies sans faille
CHAQUE ESPÈCE DE CROCODILES A UN RÉGIME ALIMENTAIRE LIÉ AUX RESSOURCES SPÉCIFIQUES DE SON MILIEU NATUREL. GLOBALEMENT, MIS À PART L'HIPPOPOTAME, L'ÉLÉPHANT ET LES PUISSANTS PRÉDATEURS ADULTES, L'IMPRUDENT QUI PASSE À LA PORTÉE DU CROCODILE DU NIL EST UNE PROIE POTENTIELLE : POISSON, BATRACIEN, SERPENT, PETIT ET GROS MAMMIFÈRES. TOUT EST BON POUR RASSASIER CE SEIGNEUR DE LA NATURE.
Que le crocodile du Nil referme ses mâchoires sur une grenouille ou sur un zèbre, sur un poisson ou sur un gnou, la mort est au rendez-vous. La stratégie d'attaque et l'intensité du combat ne sont évidemment pas les mêmes. La chasse aux gros mammifères est la plus impressionnante. Pour vous représenter ce cauchemar, observez, par exemple, des crocodiles du Nil, des monstres dépassant couramment les 6 mètres de long; attendez la saison sèche près des points d'eau, ou les migrations de septembre et... patientez!
L'AFFUT
Il fait chaud dans cette savane africaine! À la tombée de la nuit, tous les mammifères fréquentent quotidiennement les rares points d'eau pour tenter d'étancher leur soif. Au soleil, les grands crocodiles lézardent, faisant le plein d'énergie. Le soir, dès qu'un groupe s'approche, les monstres ont l'oeil ouvert. Y a-t-il un animal blessé? Malade? Y a-t-il un jeune imprudent qui s'aventure trop loin du troupeau? En quelques instants, les bêtes de guerre se laissent glisser dans l'eau.
L'APPROCHE
Phase préparatoire préludant l'implacable attaque, le crocodile plonge et progresse le plus discrètement possible vers le groupe. Ses yeux et ses narines affleurent la surface. Il guette patiemment, attendant longuement le moment propice. Il ne faut pas s'y tromper. Le crocodile est plein de discernement. Il ne s'attaquera jamais à un animal plus fort que lui, comme un hippopotame ou un phacochère adulte aux redoutables défenses. De la même façon, il choisit son terrain de chasse. Il est bien plus agile dans l'eau que sur terre. Il intègre donc toutes les composantes du combat et les programme à son avantage. Il sélectionne le lieu, la victime, l'instant. La proie est repérée. Elle apaise une soif qui lui fait sans doute perdre une partie de sa proverbiale vigilance. La tête inclinée vers les flots, le mammifère, quel qu'il soit, devient vulnérable. Le crocodile sélectionne sa proie, jetant son dévolu sans aucun complexe sur un jeune hippopotame, un lionceau, voire un éléphanteau. Ce sont pourtant les zèbres et les gnous qui, traditionnellement, paient le plus lourd tribut.
L'ATTAQUE
L'attente est généralement brève. Le corps fuselé de ce seigneur de la nature glisse au fil de l'eau. La queue fournit la force motrice. Les quatre membres assurent l'équilibre. Avec toute la discrétion requise, le monstre s'approche de la tête de l'imprudent, penchée vers l'onde. L'attaque est fulgurante. Les massives et robustes mâchoires se referment implacablement sur le museau de la victime. Tenant fermement sa prise, les dents profondément plantées dans les chairs de sa proie, le crocodile utilise alors toute sa puissance pour l'entraîner au fond des eaux et pour l'y noyer, tout simplement!
LA CURÉE
L'attaque d'un gros mammifère par un crocodile suscite-t-elle la jalousie du groupe? Pas du tout. Si les crocodiles se rassemblent rapidement autour de la dépouille noyée, c'est pour participer au festin et, avant toute chose, pour aider le tueur à disloquer sa proie.
DU CRUEL AU PATHÉTIQUE
La mort d'un zèbre, surpris au point d'eau a quelque chose de cruel. Les attaques contre les gnous, en septembre, atteignent le pathétique. Les grandes migrations en Afrique de l'Est apportent aux crocodiles une manne inespérée. Des dizaines de milliers de bêtes galopent vers les contrées promises. Rien ne peut les arrêter. Oubliant toute élémentaire prudence, les gnous traversent ainsi fleuves et rivières avec une fougue frénétique, en profitant des gués chaque fois qu'ils le peuvent. Les crocodiles ne tardent pas à passer à l'action, sans vergogne, en oubliant même la discrétion, tant les troupeaux sont denses et les bêtes désemparées. Certains gnous sont entraînés par le courant et meurent noyés. D'autres sont surpris par les prédateurs, sans aucune chance de salut.
ATTAQUES TERRESTRES
Même si l'eau reste son milieu de prédilection, le crocodile du Nil sait également mener de farouches combats terrestres. Si une proie potentielle tarde à s'approcher de l'eau, 1e prédateur peut tout à fait mener son attaque sur la rive. La stratégie est souvent la même. Le crocodile approche le plus possible sous la surface de l'eau. Il se propulse alors hors des flots en comptant sur ses pattes postérieures et sur sa queue robuste pour 1ittéralement bondir tel un diable qui sort de sa boîte. L'effet de surprise est tel que bien des animaux y laissent la vie.
APPÉTIT MODÉRÉ
L'estomac relativement petit du crocodile l'oblige à ingérer de petites quantités de nourriture. C'est une véritable bénédiction. En fait, ces tueurs, qui semblent invétérés, ne font qu'une cinquantaine de repas par an. À cet appétit modéré, il convient d'ajouter une caractéristique qui calme les ardeurs du monstre: son extrême paresse. Peu prodigue d'efforts, le crocodile préfère attraper tout ce qui passe à sa portée plutôt que prospecter de longues heures durant à la recherche d'une victime. Les points d'eau constituent ainsi le garde-manger idéal, rempli de viande fraîche.
LE POINT SUR LA PROTECTION c.ee ••• o •••
Crocodiles• en péril
Toutes les espèces sont dangereusement menacées
QUAND L'IMPITOYABLE PRÉDATEUR SAISIT SES PROIES, IL PARAIT TOTALEMENT INVULNÉRABLE. POURTANT, LE CROCODILE A UN TALON D'ACHILLE QUI LUI VAUT D'AVOIR AUJOURD'HUI QUASIMENT DISPARU DE SON HABITAT NATUREL : UNE PEAU PARTICULIÈREMENT PRISÉE DANS LE MONDE ENTIER.
Voila de nombreuses décennies que le commerce des peaux a commencé, sur tous les continents, Et un peu à la manière de l' «arroseur arrosé», ce prédateur, si féroce soit-il, est devenu une proie facile pour l'homme. Depuis quelques années, certaines espèces de crocodiles, d'alligators ou de caïmans frôlent ainsi l'extinction.
Heureusement, l'esprit pratique humain aux insondables ressources est intervenu une fois encore pour endiguer le fléau. Certes, les braconniers continuent à collecter les dépouilles crocodiliennes, mais à présent, la plupart des peaux sont issues de véritables fermes d'élevage qui se sont multipliées à partir des années 60, un peu partout dans les zones tropicales. La nature elle-même tire son épingle de ce compromis. La vocation strictement commerciale de ces élevages intensifs parvient, en effet, à protéger les espèces en péri1.Juste retour des choses…
Soudain, le sanguinaire prédateur reprend grâce à nos yeux puisqu'il accède au rang de victime, réduit à vivre séquestré dans de dérisoires bassins en Australie, en Afrique ou en Inde. Certaines fermes sont équipées pour accueillir les touristes. Il est vrai qu'il est plus confortable de regarder un crocodile, les yeux dans les yeux si le regard est protégé par un muret d'un ou deux mètres de haut. Les grandes fermes d'élevage rassemblent parfois plusieurs dizaines de milliers de crocodiles. Il est d'ailleurs si problématique de nourrir cette imposante colonie que certaines exploitations ont créé, à proximité, un tout aussi imposant élevage de volailles.
ÉLEVAGE INTENSIF
Le cycle d'élevage du crocodile est à la fois simple et performant: reproduction d'adultes d'une dizaine d'années, réunis dans des bassins et structurés en harems. Collecte des oeufs (en moyenne de 20 à 80 pour chaque femelle en fonction des espèces). Incubation et élevage des jeunes dans des salles chauffées. Abattage des animaux de 2 ans environ. De fréquentes collectes d'oeufs et la capture de jeunes géniteurs, en milieu naturel, permettent aux éleveurs de renouveler leur cheptel et à l'espèce de continuer à prospérer avec vigueur et fécondité.
L'habitat sauvage du crocodile reste malheureusement hanté par les chasseurs et les braconniers, qui tuent sans distinction toutes les bêtes jeunes et adultes qui passent à leur portée, se moquant le plus souvent des quotas et des réglementations. Bien que largement mobilisés pour cette juste cause, les protecteurs de la nature n'ont pas encore gagné leur combat, loin s'en faut. Sur les 22 espèces de crocodiliens (crocodiles,alligators et gavials), plus des trois quarts restent directement menacées. Seuls les parcs nationaux et autres réserves gardées parviennent à préserver des populations aux crocs bien émoussés.
LA CONVENTION DE WASHINGTON
La convention visant à réglementer le commerce international des espèces menacées (CITES)a été paraphée à Washington, en 1973, par 81pays. Chaque signataire s'engage notamment à déclarer scrupuleusement toute exportation ou importation. Cette officialisation du marché a sans doute eu une action bénéfique. On estime qu'à la fin des années 70, plus de deux millions de crocodiliens étaient annuellement dépouillés et que la moitié des peaux provenaient de la contrebande. Actuellement, le marché se situe aux alentours du million de peaux. Il reste difficile à déterminer si cette baisse très sensible est imputable à la protection accrue des espèces ou à leur presque totale disparition dans certaines régions tropicales du globe.
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phenyx
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MessageSujet: Re: LE CROCODILE   Jeu 1 Mar - 16:01

Wouah,

J'avais pas vu le post.

Merci pour cette superbe fiche.

Je la mettrais en ligne dès que j'aurai reussi à reprendre ce qui est déjà en ligne mais rassure toi tu en sera avisé.

Si tu as un site ou un forum à faire connaitre et une signature particulière place les en réponse afin que je puisse te mettre comme auteur de la fiche sur le site

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LE CROCODILE

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